La parentalité positive en 4 questions

Communiquer différemment avec son enfant. Le concept de parentalité positive, alliance d’habilités de langage et de bon sens, adosse ses principes sur les neurosciences, l’éducation bienveillante et l’empathie. Les deux principaux enjeux : construire plutôt que punir, comprendre au lieu de juger. Une autre façon d’envisager les relations familiales qui transforme le quotidien. Focus.

Quelles influences ?

– La principale est la Communication Non Violente (CNV), une méthode de communication élaborée par le psychologue Marshall B. Rosenberg au cours des années 70. Celle-ci vise à développer en soi des capacités de communication et d’empathie facilitant l’expression de besoins et de sentiments sans exercer de violence sur son interlocuteur.

– D’autres travaux ont contribué au concept de parentalité positive. A l’instar de ceux du psychologue Thomas Gordon, à l’origine de la méthode de communication gagnant-gagnant ; de l’enseignant et psychologue Haïm Ginott qui considère que l’empathie doit être à la base de la communication parent-enfant. Ses principes ont inspiré Elaine Faber et Adele Mazlish, les auteures du best-seller « Parents épanouis, enfants épanouis » ou encore le thérapeute Thomas d’Ansembourg qui a à popularisé la CNV.

– En France, la psychothérapeute Isabelle Filliozat, auteur entre autres du best-seller « J’ai tout essayé » (Ed. JC Lattès 2011) a contribué à populariser la parentalité positive. Elle organise des ateliers de formation pour les parents.

En quoi la parentalité positive est une approche différente ?

– La parentalité positive invite les parents à comprendre les sentiments et les besoins de leurs enfants. Pour ensuite formuler leurs exigences sans agressivité ni menace. L’empathie, l’enseignement et l’absence de punition constituent le triptyque matriciel du concept. Cette approche développe l’intelligence émotionnelle.

– En clair : lors de chaque colère, de chaque opposition, de chaque « crise » de l’enfant, le parent porte son attention sur les émotions de celui-ci et tente d’optimiser son développement psychique en évitant les conflits. La reformulation – élément clé de la parentalité positive – résout les trois quarts des blocages. Et évite les cris, les menaces voir les punitions.

– Comme l’explique Isabelle Filliozat, au lieu de dire « calme-toi sinon je t’envoie dans ta chambre » on explique posément comment se calmer. Si besoin en proposant différentes options. On ne dit plus « ne saute pas dans cette flaque d’eau » mais « passe à côté de la flaque d’eau ». On évite l’exaspération façon « ça fait dix fois que je te dis de ranger tes jouets » en montrant à l’enfant que les poupées se mettent dans tel placard, les camions dans tel bac et en le laissant terminer.

Est-ce une éducation permissive ?

– La parentalité positive ne prône pas l’enfant-roi, le laisser faire sans règle ni les argumentations sans fin. Pas de laxisme dans cette approche.

– Il s’agit de se placer à l’écoute et dans le respect de son enfant, tout en posant un cadre et des limites définies.

– La parentalité positive ne cherche pas à donner un sens aux comportements des petits mais à comprendre comment ils fonctionnent en se posant deux questions essentielles : quels sont leurs besoins à cet âge ? Est-ce que ma réponse à son attitude ne va pas les priver de ce besoin et de sa réalisation ?

Comment la mettre en œuvre ?

– Chercher à entendre la colère, la frustration, la tristesse pour désamorcer les situations de tension.
– Poser un cadre clair et évolutif.
– Pratiquer sans modération la reformulation positive !
– Remplacer une punition par une action de l’enfant (réparer lui-même les conséquences de ses bêtises, s’excuser, …)
– Prendre son enfant quelques secondes dans ses bras quand un blocage survient. Isabelle Filliozat rappelle que l’amour n’est pas une récompense mais un carburant pour ses enfants.
CQFD.

Par Patricia Coignard

Derniers articles

Laisser un commentaire