Alicaments : décryptez le vrai du faux !

Margarine anti cholestérol, œufs aux oméga 3 pour un cœur en pleine forme, yaourt enrichi en calcium pour des os solides : les rayons des supermarchés sont emplis de produits censés améliorer notre santé. Ces produits possèdent-ils un véritable intérêt pour l’organisme ? Leurs allégations sont-elles avérées ou l’expression de stratégies marketing ? Se soigne-t-on en les mangeant ? Explications.

Un alicament est un médicament ?

Faux – Issu de la contraction d’aliment et de médicament, ce concept marketing regroupe les produits alimentaires qui revendiquent des vertus pour la santé. Il s’agit à l’origine d’une expression inhérente à la médecine traditionnelle chinoise. Celle-ci reconnaît par exemple des bienfaits curatifs aux ferments lactiques du yaourt.

Ce qu’il faut retenir : d’un point de vu médical, aucun aliment « naturel ou retravaillé, pris isolément peut avoir une action thérapeutique sur l’évolution ou la survenu d’une maladie ». En revanche, un aliment « peut participer à la prévention ou au traitement de certaines maladies ». On le qualifie alors « d’aliment fonctionnel ».

Il existe des alicaments naturels ?

Vrai et faux – La terminologie prend ici toute sa dimension. Le curcuma (puisant antioxydant), le chocolat (pour le magnésium), le thé vert (puissant désintoxiquant, entre autre chose), ail cru (antiseptique et ativiral) sont des aliments fonctionnels naturels. En revanche, les alicaments sont des aliments transformés par l’industrie agroalimentaire afin d’augmenter artificiellement leur valeur nutritive bénéfique. Par exemple le bifidus pour le transit intestinal ou le sel de table enrichi en iode depuis des décennies pour prévenir les troubles thyroïdiens !

Il existe différents types d’alicaments ?

Vrai – On dénombre quatre modes de production :

– En augmentant la concentration d’une substance naturellement présente dans l’aliment d’origine,
– En enlevant un constituant indésirable,
– En incorporant un élément supplémentaire à la composition de l’aliment,
– En modifiant les composants nutritifs des élevages

Les allégations santé des alicaments sont à la discrétion du fabricant ?

Faux – Ces messages visibles sur les étiquettes sont très réglementés en Europe. Sur plus de 45 000 demandes d’allégations demandées, seules 222 ont été autorisées par l’Union européenne*. L’obtention d’un accord résulte de nombreux tests et études scientifiques préalables. A savoir cependant : celles-ci sont souvent déconnectées du contexte de consommation de l’aliment (mode de vie, patrimoine génétique, …).

Il suffit de manger tous les jours des alicaments pour être en bonne santé ?

Faux – Seule une alimentation variée et équilibrée, la pratique régulière d’un sport, l’absence de tabac et une moindre consommation d’alcool concourent au bon fonctionnement de l’organisme. Préférez les fruits et légumes de saison, naturellement riches en vitamines et oligoéléments, bio, allégez votre consommation carnée et faites la part aux huiles, aux oléagineux et aux céréales.

*chiffres 2014

Patricia Coignard

Recommended Posts

Laisser un commentaire