Sucre : le faux ami !

Arrêter le sucre : tous les médias relaient cette information depuis des mois. En mars 2015, L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a dénoncé les effets délétères de cette substance sur la santé. Après le tabac, elle fait même du sucre son ennemi public numéro 2. Une journaliste du magazine Elle a relevé le défi de supprimer les produits industriels, les gâteaux, les compotes, les confitures pendant une année complète. Son livre « Zéro sucre »1, publié au printemps dernier, relate son expérience inédite en France. Aux Etats-Unis, la croisade contre le sucre a été lancée en 2012 par l’endocrinologue californien Robert H. Lustig. Sa conférence « Sugar: The Bitter Truth »2, visionnées plus de 6 millions de fois sur YouTube, démontre les méfaits d’un excès de sucre, notamment de fructose. En Australie et au Royaume-Unis3, des best-sellers déclinent des modes d’emplois pour réduire drastiquement le sucre dans son alimentation. La diabolisation est-elle justifiée ? Des éléments de réponses pour mieux comprendre les origines de cette nouvelle injonction santé.

Faut-il interdire le sucre ?

Depuis plusieurs décennies, le sucre a trusté notre alimentation. Sa saveur douce, très addictive, se retrouve dans la composition de la sauce tomate, du jambon, des biscuits, des céréales, des plats cuisinés, des confiseries, des glaces, du pain blanc, des biscottes, etc. Les industriels de l’agro alimentaire usent et abusent du sucre parce c’est un exhausteur de goût, un agent de texture, un colorant ou un conservateur bon marché.

De nombreuses études scientifiques confirment que cette omniprésence dans nos repas quotidiens est à l’origine de caries dentaires, de surpoids, d’obésité, de diabète de type 2, de syndrome métabolique, de cirrhose, de cancer de l’intestin. Le sucre accélère aussi le vieillissement et favorise les maladies inflammatoires. Mais ce n’est pas tant le sucre en lui même que sa consommation excessive et durable, qui est incriminé. Surtout sous forme de sirop de fructose (presque toujours mélangé à des matières grasses dans les produits alimentaires industriels). Le corps l’assimile moins rapidement que le saccharose et il favorise le stockage de graisse.

A retenir

L’OMS recommande de limiter la ration de sucre à moins de 10 % de la ration énergétique quotidienne, voire à 5 % dans la mesure du possible. En France, on consomme en moyenne 100 g de sucres rapides par jour, soit 15 à 20 % de son apport énergétique journalier. La marge de progression est donc importante pour tous !

On cesse d’acheter du sucre blanc (ou ses dérivés sous forme de cassonade, sucre roux, sucre glace) et tout ce qui en contient. Oui, la liste est longue ! On le remplace par du sucre complet non raffiné, du miel, des sirops d’érable ou d’agave qui conservent leurs minéraux et vitamines utiles à l’organisme. Utilisés avec modération, ils apportent le glucose essentiel pour l’énergie et indispensable au fonctionnement des cellules. Cuisiner soi-même contribue beaucoup à diminuer la facture « sucrée ». A la clé, plus de tonus, une meilleure qualité de peau, moins d’allergie, moins de cellulite et un poids stabilisé. De solides arguments pour se convaincre d’essayer !

Patricia Coignard

1 – Zéro sucre, de Danièle Gerkens, Editions Les Arènes, 2015
2-traduction : Sucre : l’amère vérité / https://www.youtube.com/watch?v=dBnniua6-oM&list=PLE450AD6F2FE6C504&index=1 (en anglais)
3- Sarah Wilson (« C’est décidé, j’arrête le sucre ! »,éd. Larousse) et David Gillespie (« Sweet Poison : Why Sugar Makes us Fat » (éd. Penguin Books), en Australie. Nicole Mowbray, « No sucre ! » (éd. Le Livre de Poche) au Royaume-Unis.

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