Hypersensibles : faites de votre « faiblesse » une force !

Une remarque, un compliment, un conflit : les hypersensibles ressentent tout de « plein fouet ». Leurs émotions « à vif » et souvent hors contrôle perturbent leurs relations sociales et intimes. Car l’entourage les trouve « à cran », soupe au lait, toujours à fleur de peau. Un collègue, une amie, un conjoint ne parviennent pas à comprendre les changements de comportements aussi imprévisibles (à leurs yeux) que disproportionnés.

Un tempérament, pas une pathologie

Cette sensibilité exacerbée qui fait vivre chaque événement beaucoup plus intensément que la moyenne est-elle une pathologie mentale ? Les travaux de la psychologue américaine Elaine Aron au début des années 90* ont ouvert à voie à une approche radicalement nouvelle. L’hypersensibilité se définit, selon elle, comme une caractéristique innée. 15 % à 20 % de la population mondiale serait concernée par ce mode de traitement de l’information « en mode survie ».

Hypersensibles : qui êtes-vous ?

La vulnérabilité aux émotions et aux ambiances entrave les relations professionnelles, amicales et intimes. Mieux se faire comprendre, c’est d’abord mieux se comprendre soi-même. Vous manquez de self-control et vous vous laissez envahir par toute la palette émotionnelle (de l’extrême joie à l’agressivité ou l’angoisse) parce que vous avez un rapport à l’autre et à votre environnement particulier. Bombardé quasiment en permanence par des sensations très puissantes, vous avez besoin de plus de temps et de réflexion qu’une personne lambda pour observer une situation et interagir. Vous devez dédramatiser pour transformer le vécu-ennemie en vécu-allié ! En cause : une estime de vous-même insuffisante. Et une sensibilité épidermique qui traduit une peur permanente d’abandon et de trahison.

Acceptez votre différence …

Une des clés du bien-être des hypersensibles consiste à reconnaître et à accepter son « décalage » avec l’entourage. Car vous êtes doté d’une écoute exceptionnelle, d’une capacité d’empathie hors norme, d’une intelligence émotionnelle précieuse dans le cadre professionnel et personnel. D’ailleurs, vos amis louent votre enthousiasme et votre sollicitude ! La beauté vous émerveille si intensément que vous la recherchez au quotidien.

.. Et apprenez à apprivoiser votre hypersensibilité !

Dans les faits, pour retrouver (et conserver) le calme et faire redescendre la pression, il faut évacuer le trop plein émotionnel. On se ménage chaque jour des pauses pour, au choix méditer, pratiquer des exercices de respiration ventrale, de visualisation positive. Apprenez aussi à vous décentrer en vous mettant la place de l’autre (que ressent-il quand il me fait cette remarque ?). Repérez les événements, les mots qui déclenchent chez vous systématiquement des réactions excessives. Verbalisez vos ressentis, vos besoins. Et travaillez avec un thérapeute sur le lâcher prise, les projections et l’estime de soi.

Patricia Coignard

A lire
• Ces gens qui ont peur d’avoir peur, Elain Aron, éditions de l’Homme (2013)
• Hypersensibles. Trop sensibles pour être heureux ?, Saverio Tomasella, éditions Eyrolles (2012).

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Voir les 3 commentaires
  • Combe
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    Des lectures très enrichissantes en effet qui permettent de mieux comprendre un fonctionnement délicat. Ce n’est pas une mince affaire que d’accepter ce tempérament mais il n’y a que cette possibilité: accepter pour mieux vivre

  • Draiby Sarah
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    Bonsoir,
    Cet article m’intéresse infiniment, je me reconnais dans tout ce qui est décrit ici..mon ambition est de réussir à canaliser mes ressentis toujours trop forts..disproportionnés..j’aimerais tellement pouvoir échanger avec quelqu’un..qui me guiderait à me défaire de mes excès..vivre trop fort les bonheurs comme les malheurs est juste insupportable pour ceux qui pourtant m’entourent..

  • Thierry Régnier
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    Bel article,
    J’arrive à mieux maitriser mes émotions, les négatives comme les positives. C’est un travail au quotidien et il paie !
    Se dire que ce que l’on ressent des autres ne nous appartient pas permet de se protéger. Je n’hésite pas à croiser les bras parfois (être moins vers l’autre) pour faire barrière à la projection de mon interlocuteur. J’ai beaucoup appris de Jacques Salomé sur Youtube et bien entendu ma thérapie de l’Enfant Intérieur a été très puissante (Marie France et Emmanuel Ballet de Coqueraumont). Je visualise porter des armures ou autre, je fais de plus en plus appel à la visualisation créative et au monde magique, et ce n’est que le début ! Courage et cultiver votre fierté et votre grandeur 😉