Le jeûne intermittent, ça régénère !

Ne plus manger pendant quelques heures pour se sentir mieux ? Les vertus thérapeutiques et diététiques du jeûne sont vantées depuis des lustres par les naturopathes et les générations qui nous précèdent. L’organisme mis à la diète se purifie et se régénère en éliminant les toxines accumulées. Cette forme de détox drastique est très en vogue auprès des personnes en quête de bien-être et d’alimentation saine. Et intéresse de plus en plus les chercheurs pour ses effets possibles sur la longévité, le diabète et le traitement des cancers.

Quel jeûne pratiquer ?

Priver son corps de nourriture ne s’improvise pas. Les médecins déconseillent d’associer jeûne sur plusieurs jours et exercice physique comme la marche. Une pratique qui fait florès mais n’est pas sans risque pour le système cardio-vasculaire. Le jeûne utile n’est ni un régime express ni un arrêt pur et simple de toute alimentation. Il se planifie mentalement et dans le temps (après accord de son médecin), dans une atmosphère apaisée. Les deux jeûnes les plus intéressants physiologiquement semblent être le jeûne partiel (avec bouillons de légumes et/ou jus) et le jeûne intermittents (pendant 12 h à 16 heures une fois voire 1 à 2 jours, une fois par semaine). Depuis 1953, la célèbre clinique Buchinger1 en Allemagne propose des jeûnes thérapeutiques de trois semaines sous surveillance médicale. Pour qui ? Les personnes atteintes de maladies métaboliques (hypertension, diabète de type 2, …) ou souffrant problèmes d’articulations, de digestion, allergies et même dépression ou burn-out.

Des effets scientifiquement avérés

En 2014, l’Inserm a confirmé que le « jeûne induit des modifications métaboliques qui pourraient être utilisées à bon escient dans diverses situations pathologiques ». En avril dernier, des chercheurs d’une équipe de l’Université de Californie du Sud (Etats-Unis) ont publié une étude montrant l’impact d’un jeûne pendant trois jours complets. Mis sous tension, l’organisme tente d’économiser de l’énergie en reconstituant un grand nombre de cellules inutiles ou endommagées du système immunitaire, y compris chez les personnes âgées ou malades. Fervent partisan du jeûne intermittent, le Dr Frédéric Saldmann2 affirme l’on y gagne en tout ! Moins de fatigue et plus de tonus, le teint clair, les personnes renforcent leur ADN et voient les symptômes de l’asthme, des allergies, des rhumatismes régresser. En France, quelques médecins associent même le jeûne de quelques heures au traitement par chimiothérapie des cancers pour en soulager les effets secondaires.

Le jeûne chez vous

L’expérience vous tente ? Le changement de saison (automne et printemps) constitue un moment propice. Si vous êtes en forme physique et mentale, et n’abordez pas le jeûne comme une punition, choisissez un jour où vous ne travaillez pas. Faites de cette pause consentie un rituel de bien-être (bain, masque, méditation, yoga, lecture, …).
Réveillez-vous naturellement sans avoir mangé depuis 20 h la veille au soir et buvez de l’eau ou de la tisane (camomille, romarin, thym, fenouil, chardon-Marie…) au cours de la matinée jusqu’à 12h. Le reste de la journée, on mange un maximum de fruits et de légumes de saison. Envie de prolonger le jeûne toute une journée : buvez de l’eau à volonté, pressez-vous un jus de fruits frais de saison le midi, faites une sieste (avec une bouillotte chaude sur le foie). Le soir, mangez un ou deux bols de bouillon de légumes fait maison (poireaux, navets, carottes, oignons, herbes fraîches). Prévoyez des repas légers le lendemain pour optimiser les bienfaits.

1-https://www.buchinger-wilhelmi.com/fr
2-auteur du best-seller « Le meilleur médicament, c’est vous ! », éditions Albin Michel

Patricia Coignard

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