Sieste : les 4 idées reçues les plus répandues

1- C’est pour les petits enfants et les flemmards

La sieste n’est pas un confort, apanage des moins de 5 ans et des pays du sud. Elle devrait être envisagée comme un outil de santé publique tant ses bienfaits sont avérés. Cette mauvaise réputation procède d’un schéma social erroné du sommeil qui impose de se réveiller le matin et de cumuler les activités jusqu’au coucher. Tous les autres mammifères dorment par séquences entre le levé et le coucher du soleil. Ce rythme archaïque inscrit dans les gènes des hommes préhistoriques (afin de ne pas être trop longtemps exposés aux prédateurs) est pratiqué par les navigateurs, certains grands patrons, des artistes. Un des précurseurs du sommeil polyphasique : Léonard de Vinci.

2- Difficile d’être productif après !

Au contraire, ce break salvateur cumule les vertus thérapeutiques pour le cœur, la pression sanguine, la régulation du poids (un sommeil de qualité régule l’équilibre glycémique). Cette « sixième heure » (la sieste vient du latin sixta) réduit le stress. Une étude menée par une équipe de chercheurs du Centre du sommeil a scientifiquement prouvé qu’un repos de 30 minutes « réduit l’activité de stress qui déclenche des activités du systèmes immunitaire » (Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, 2015). Conséquences directes : on est plus créatif, moins nerveux, la mémorisation s’améliore de même que le raisonnement logique et l’humeur. Pour résumer en un mot : on est plus efficace.

3- Il faut un cycle complet de sommeil pour se régénérer

Faux. Les spécialistes sont formels : la séquence idéale de la sieste réparatrice dure entre 10 et 30 minutes, selon les individus. Pas de risque ainsi d’entrer en phase de sommeil profond. Le bon timing : après le déjeuner, vers 14h, dans un lieu au calme, si possible dans la pénombre. Si vous ne pouvez pas être allongé, installez-vous dans un siège, le dos droit, les yeux fermés la tête appuyée sur le dossier ou penchez en avant, sur vos bras croisés sur une table ou un bureau. La micro sieste ou sieste flash de 5 minutes s’apparente davantage à une relaxation profonde, un changement de rythme très efficace pour doper ses facultés cognitives.

4- Il n’est pas autorisé de dormir au bureau

Chez Google par exemple, il existe des pièces de repos dédiées à la sieste. Toujours aux Etats-Unis, le journal the Huffington Post a mis des bulles de sieste à la disposition de ses journalistes. Au Japon et en Chine, la sieste durant les heures de travail est recommandée. L’Allemagne milite pour en faire un droit. La France accuse un retard flagrant. La création de bars à sieste et d’espaces de détente à Paris, Villeurbanne, Périgny, Meylan, Lyon commence à changer cette donne.

Patricia Coignard

A lire
Eloge de la sieste, de Bruno Comby, Editions J’ai Lu (2016)

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