Stress, anxiété, dépression : comment (enfin) faire la différence ?

A la perspective de demander une augmentation à votre patron, vous êtes stressé ou angoissé ? La rentrée ou les fêtes de fin d’année vous stressent ou vous dépriment ? Avouez qu’il est complexe de déterminer le bon mot donc le phénomène adéquat que vous ressentez dans de nombreuses situations du quotidien. Car la confusion entre ces trois réactions distinctes déclenchées par le cerveau reste fréquente et source d’interprétations erronées.

Pourquoi vouloir préciser ces maux de société ? Précisément parce qu’ils n’émanent pas – contrairement aux idées reçues – de la course à la performance mais s’accentuent sous la pression de l’environnement contemporain. Et qu’un symptôme bien cerné facilite le choix du bon traitement et des mesures de protection. La preuve par trois.

1 – Le stress … c’est nécessaire !

Héritage de nos ancêtres préhistoriques, le stress se caractérise par une réaction physiologique naturelle de l’organisme face à un danger à affronter. Il y a un million d’années, pour chasser le mammouth. Aujourd’hui, pour traverser la route ou gérer un conflit avec un collègue ! Il permet de réagir vite et efficacement en mobilisant toutes les ressources nécessaires.

En revanche, lorsque le stress devient chronique, il constitue une menace pour le bien-être global. Il se traduit par des difficultés de concentration, de l’irritabilité, de l’émotivité excessive, Et peut entrainer à terme des troubles physiques (maux d’estomac, tension musculaire, …) et psychiques (trouble du sommeil, perte de l’estime de soi, …).
Le symptôme disparaît quand sa cause est éliminée, résolue ou mise à distance.

2 – L’anxiété, une peur diffuse qui concerne le futur

L’anxiété se confond facilement avec la dépression. Pourtant, des différences notables distinguent ces deux types de mal-être.

L’anxiété est une peur diffuse, sans raison apparente, ou démesurée par rapport à l’événement concerné. Elle est liée au futur avec l’inquiétude tenace qu’un événement négatif est imminent (maladie, accident, décès, licenciement, …). Cette peur émane donc du monde extérieur, vécu comme menaçant et imprévisible.

Cette capacité à anticiper de potentielles catastrophes ou à amplifier une difficulté persiste même si le cours de votre vie n’a connu aucun changement brutal.
La crise d’angoisse ou l’attaque de panique se définit comme une anxiété généralisée et incontrôlable. La personne fait de véritables malaises physiques (sentiment d’oppression, d’étouffement, …) nécessitant une prise en charge thérapeutique et parfois médicale adaptée.

3 – La dépression : l’incapacité à surmonter les difficultés du passé

Qu’éprouve un dépressif ? Il est littéralement prisonnier d’événements traumatiques de son passé. Il a le sentiment de ne pas avoir appris à faire face à la vie. Son fardeau l’empêche d’avancer. Son mal-être vient donc de l’intérieur. Il se pense nul, jamais à la hauteur. Il rumine des événements de son histoire personnelle. Il se considère parfois comme un fardeau pour son entourage et pense qu’il serait plus « utile » mort.

La dépression nécessite la prise ponctuelle de médicaments (antidépresseurs) en complément d’une psychothérapie.

Désormais, avant de prononcer les mots stress, anxiété et dépression, vous saurez que leurs causes et leurs symptômes n’ont en commun que la difficulté à apprécier le présent.

Patricia Coignard

A lire
Par amour du stress, de Sonia Lupien, ed. Au Carré (2010)

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